Figure-vous que la Fédération Française du Bâtiment vient de lâcher une bombe : le marché de la construction neuve s’enfonce dans une spirale inquiétante. Selon Olivier Salleron, son président, nous pourrions assister à la suppression de près de 100 000 emplois dans le secteur d’ici deux ans. Comment en est-on arrivé là et quelles sont les alternatives pour les professionnels du bâtiment ? La FFB tire la sonnette d’alarme.
Le marché du logement neuf dans la tourmente
Vous savez ce moment où l’on craint quelque chose depuis longtemps et que finalement ça arrive ? C’est exactement ce qui se passe dans le secteur de la construction. Les prévisions pessimistes que brandissait la profession depuis deux ans sont désormais une triste réalité.
Les chiffres font froid dans le dos. À fin février 2023, les mises en chantier ont chuté de 6,4% sur un an. Pire encore, les autorisations ont dégringolé de 5,1%, avec une accélération vertigineuse de -26,7% sur les trois derniers mois. Côté ventes, c’est la débandade : -31,4% pour les maisons individuelles et -16,2% pour les logements de promoteurs.
Mais ce n’est que l’apéritif. Le plat principal, si j’ose dire, concerne 2025. Et franchement, il n’est pas très appétissant…
2025 : l’année de tous les dangers
Accrochez-vous bien. Les prévisions pour 2025 annoncent un effondrement des mises en chantier à seulement 274 000 logements, dont 107 000 individuels et 167 000 en collectif. C’est énorme comme baisse, non ? Pour vous donner une idée, on parle d’une dégringolade de 25% par rapport à 2022 !
Selon Olivier Salleron, cette situation catastrophique est directement liée au manque de permis de construire délivrés aujourd’hui et à l’absence d’investissements anticipés sur deux ans. C’est comme si on coupait l’eau à la source et qu’on s’étonnait ensuite que le fleuve s’assèche.
Et la conséquence sociale ? Dramatique : environ 100 000 emplois menacés dans le secteur. La rénovation pourrait sauver quelques milliers de postes, mais c’est une goutte d’eau dans l’océan des suppressions annoncées.
| Indicateur | Évolution récente | Projection 2025 |
|---|---|---|
| Mises en chantier | -6,4% sur un an | 274 000 logements |
| Ventes maisons individuelles | -31,4% | Poursuite de la baisse |
| Ventes logements collectifs | -16,2% | Poursuite de la baisse |
| Impact sur l’emploi | Début des suppressions | Environ 100 000 emplois menacés |
La flambée des prix aggrave la situation
Comme si ça ne suffisait pas, les prix des matériaux s’envolent. Le béton ? +17,2% en janvier et février. L’énergie ? En hausse constante, ce qui impacte directement les produits dérivés du ciment, les tuiles, les produits céramiques, le verre…
Résultat ? Pour les ménages qui rêvent encore de faire construire, le budget s’envole. Entre la remontée des taux d’intérêt, le coût des matériaux et les assurances diverses, faire bâtir une maison devient un luxe que beaucoup ne peuvent plus s’offrir.
Bon, soyons honnêtes, ce tableau n’est pas très réjouissant. Mais il existe quand même quelques rayons de soleil dans ce ciel d’orage.
Rénovation et non-résidentiel : les lueurs d’espoir
Vous connaissez l’expression « quand une porte se ferme, une fenêtre s’ouvre » ? C’est exactement ce qui se passe avec le secteur non résidentiel et la rénovation.
Concernant le non-résidentiel neuf, les perspectives sont nettement plus encourageantes. Certes, les constructions commencées ont baissé de 1,4% sur l’année écoulée, notamment à cause d’une chute de 7,4% des bureaux. Mais les constructions de commerces ont bondi de 12,2%, rétablissant un certain équilibre.
Et c’est là que ça devient intéressant : les surfaces autorisées de bâtiments non résidentiels neufs devraient augmenter de 7,9% sur le dernier trimestre, avec une croissance remarquable de 16,5% pour les bâtiments administratifs. Sur l’année, on table sur une progression de 4,3%. Pas mal, non ?
La rénovation, véritable planche de salut
Quant à la rénovation, elle représente déjà 55% du marché du bâtiment. Et la FFB prévoit une progression annuelle moyenne de 2% d’ici à 2025. C’est moins que ce que certains espéraient, mais c’est déjà ça !
D’ailleurs, Olivier Salleron affirme que grâce aux 530 000 salariés certifiés RGE (sur un total de 1 245 000), l’activité pourrait potentiellement soutenir une croissance de 6% à 7%. Un potentiel qui reste largement sous-exploité.
L’amélioration-entretien a déjà progressé de 1,8% en volume sur 12 mois au quatrième trimestre 2022, et de 2,1% à prix constants sur l’ensemble de l’année. Les chiffres pour 2023 seront peut-être en-dessous de la moyenne historique, mais ils restent positifs.
Et maintenant, que fait-on ?
Vous voyez le tableau ? D’un côté, un secteur du logement neuf qui s’effondre, menace des emplois et nous promet une crise majeure. De l’autre, des secteurs comme la rénovation et le non-résidentiel qui résistent et pourraient même prospérer.
Est-ce que cette crise du neuf ne serait pas finalement l’occasion de réinventer notre façon de concevoir l’habitat ? Après tout, dans un pays où les préoccupations environnementales grandissent et où le parc immobilier existant vieillit, n’est-il pas temps de massivement investir dans la rénovation énergétique plutôt que de continuer à étendre l’urbanisation ?

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